Carat or : définition, caratage et titres légaux suisses

Le carat or mesure la pureté du métal dans un bijou, sur une échelle de 24 parts. L’or 24 carats est pur à 99,9 %, l’or 18 carats contient 75 % d’or, l’or 14 carats 58,5 %. En Suisse, ce caratage se traduit par un titre légal en millièmes (750, 585, 375), garanti par le poinçon officiel à la tête de saint-bernard. Choisir le bon carat dépend de l’usage du bijou, pas du chiffre le plus élevé.
Carat de l’or : ce que mesure vraiment le chiffre
Le carat de l’or n’indique ni le poids du bijou ni sa valeur en francs. Il indique une seule chose : combien d’or pur se cache dans l’alliage. L’échelle compte 24 parts. Un carat vaut donc 1/24 de la masse totale du métal. Un bijou en or 18 carats contient 18 parts d’or pur et 6 parts d’autres métaux.
Cette logique explique pourquoi l’or 24 carats est rarement porté. À 99,9 % d’or, il atteint le maximum de l’échelle, mais reste si tendre qu’il se raye sous un simple ongle. Les bijoutiers le réservent aux lingots et à l’investissement. Pour un bijou destiné à durer, ils baissent volontairement le caratage en ajoutant des métaux plus durs.
Un point que beaucoup confondent : le carat de l’or et le carat d’une pierre n’ont rien à voir. Le premier mesure une pureté de métal, le second un poids de pierre, où un carat égale 0,20 gramme. Notre guide du carat d’un diamant détaille cette seconde mesure, qui suit une logique de prix complètement différente.
Caratage de l’or : le tableau des équivalences
Le caratage se lit toujours sur la même échelle de 24, mais il existe peu de titres réellement utilisés en bijouterie. Voici les caratages courants, leur teneur en or et le métal d’alliage habituel.
| Caratage | Or pur | Titre en millièmes | Usage typique |
|---|---|---|---|
| 24 carats | 99,9 % | 999 | Lingots, investissement |
| 22 carats | 91,6 % | 916 | Bijoux d’Asie, alliances anciennes |
| 18 carats | 75 % | 750 | Standard joaillerie suisse |
| 14 carats | 58,5 % | 585 | Marché nord-américain, montres |
| 9 carats | 37,5 % | 375 | Bijoux d’entrée de gamme |
Chaque carat retiré remplace une part d’or par un autre métal. À 18 carats, les 6 parts restantes mêlent souvent cuivre, argent et un peu de palladium. Ce mélange ne sert pas qu’à durcir le métal : il donne aussi sa couleur au bijou. La proportion de cuivre rosit l’or, l’argent et le palladium le blanchissent. Notre article sur la couleur de l’or jaune, blanc et rose explique comment un même caratage produit des teintes très différentes.
Le caratage ne change pas avec la couleur. Un or rose 18 carats et un or blanc 18 carats contiennent exactement la même quantité d’or pur : 75 %. Seuls les métaux ajoutés diffèrent. Ce détail surprend souvent à l’achat, car les deux teintes peuvent afficher des prix proches alors qu’elles partagent la même pureté.
D’où vient le mot carat
Le mot remonte à une graine. Le caroubier, arbuste méditerranéen, produit des graines à la masse remarquablement constante, autour de 0,2 gramme. Dans l’Antiquité, les marchands du Moyen-Orient s’en servaient comme contrepoids pour peser l’or et les pierres précieuses sur leurs balances. Le terme grec ancien désignant ces graines a donné, de langue en langue, notre carat.
Pour l’or, une seconde idée s’est greffée sur cette racine. Le découpage en 24 parts viendrait d’un système ancien de division en parts égales, le même qui servait à répartir la propriété d’un navire. Les orfèvres ont gardé ce principe : compter l’or sur 24 plutôt que sur 100. Quinze carats signifiaient quinze parts d’or pour vingt-quatre parts d’alliage.
Cette origine commune explique aussi le terme anglo-saxon « karat », avec un K, utilisé pour la pureté de l’or dans les pays anglophones. Le « 18K » d’une étiquette américaine veut dire 18 carats d’or, exactement comme en Suisse. Le « ct » réservé aux pierres réduit le risque de confusion, mais l’étiquetage varie d’un vendeur à l’autre.
Les titres légaux de l’or en Suisse
En Suisse, le caratage d’un bijou n’est pas une simple mention commerciale. C’est une donnée contrôlée par l’État. La loi fédérale sur le contrôle des métaux précieux impose un poinçonnage officiel sur les ouvrages en or vendus dans le pays. Selon l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières, les titres légaux reconnus sont 375, 585, 750, 916 et 999 millièmes.
Le poinçon officiel suisse est la tête de saint-bernard. Il s’applique à tous les métaux précieux et à tous les titres légaux depuis le 1er août 1995. À côté de ce poinçon figure le titre en millièmes, en chiffres arabes, qui confirme le caratage exact. Un bijou marqué 750 contient donc forcément 75 % d’or, soit 18 carats.
À ce poinçon officiel s’ajoute le poinçon de maître, qui identifie le fabricant ou l’importateur. Les deux marques se lisent ensemble : l’une garantit la pureté, l’autre l’origine. Un bijou en or vendu légalement en Suisse porte les deux. Pour apprendre à les repérer à la loupe, notre guide pour reconnaître le vrai or grâce au poinçon détaille la lecture de ces marques.
Un bijou sans poinçon n’est pas forcément faux, mais il ne bénéficie d’aucune garantie légale sur sa teneur en or. Privilégier les pièces poinçonnées reste le réflexe de base avant tout achat important.
Carat ou millième : deux notations pour la même pureté
La Suisse marque ses bijoux en millièmes, mais le caratage reste partout dans le langage courant. Comprendre le passage de l’un à l’autre évite bien des malentendus à l’achat. La règle est simple : le carat compte sur 24, le millième sur 1000.
Pour convertir un caratage en millièmes, il suffit de diviser par 24 puis de multiplier par 1000. L’or 18 carats donne 18 ÷ 24 × 1000, soit 750 millièmes. L’or 14 carats donne 585, l’or 9 carats 375. L’opération inverse fonctionne tout aussi bien pour retrouver le caratage à partir d’un titre gravé.
Cette double notation a une raison historique. Depuis 1995, plusieurs pays européens dont la Suisse et la France ont adopté le titre au millième comme référence officielle, jugé plus précis que le carat. Le caratage, lui, a survécu dans le commerce et dans les habitudes, surtout pour les bijoux importés des marchés anglophones et asiatiques. Les deux systèmes coexistent donc sur le même bijou.
Choisir le bon caratage selon l’usage
Un caratage élevé n’est pas un gage de qualité. C’est une erreur fréquente : croire que l’or 24 carats vaut mieux que l’or 18 carats pour un bijou porté. La réalité est inverse. Plus le caratage monte, plus le métal est tendre, donc fragile au quotidien.
Le choix dépend de trois critères concrets. D’abord l’usage. Pour une bague, un bracelet ou une montre portés chaque jour, l’or 18 carats reste le meilleur compromis entre éclat, résistance et valeur. C’est le standard de la joaillerie suisse. Pour des bijoux occasionnels comme des boucles d’oreilles, l’or 14 carats suffit souvent et coûte moins cher.
Ensuite le budget. La part d’or pur conditionne directement le prix du métal : un gramme d’or 18 carats contient 0,75 gramme d’or pur, un gramme d’or 9 carats à peine 0,375 gramme. À poids égal, un bijou en or 9 carats coûte donc nettement moins en valeur métal, mais il s’use aussi plus vite et ternit davantage.
Enfin la sensibilité de la peau. L’or pur est hypoallergénique, mais les métaux d’alliage ne le sont pas tous. Le nickel, parfois présent dans les alliages bon marché, provoque des réactions cutanées. Pour une peau réactive, mieux vaut un or 18 carats allié au palladium, métal blanc bien toléré. Notre comparatif détaillé or 18 ou 24 carats approfondit ce choix selon le type de bijou.
Voici les repères pour orienter la décision :
- Port quotidien : or 18 carats, durabilité et éclat équilibrés
- Bijou occasionnel : or 14 carats, bon rapport résistance-prix
- Petit budget : or 9 carats, teneur faible mais titre légal
- Investissement : or 24 carats, pureté maximale, jamais porté
Vérifier le caratage de vos bijoux
Connaître le caratage d’un bijou que vous possédez déjà demande peu de matériel. Le premier réflexe consiste à chercher le poinçon. Une loupe de bijoutier suffit pour lire le titre gravé à l’intérieur d’une bague, sur le fermoir d’un collier ou au dos d’une broche. Le chiffre 750, 585 ou 375 révèle aussitôt le caratage.
Un bijou ancien ou importé peut porter un poinçon différent. Les pièces françaises affichent une tête d’aigle pour l’or 18 carats, un trèfle pour le 9 carats. Les bijoux des pays signataires de la convention internationale sur le poinçonnement portent une balance. Tous renvoient au même titre en millièmes, gravé à proximité.
En l’absence de poinçon lisible, seul un professionnel peut trancher. Un bijoutier dispose de tests à l’acide ou d’un spectromètre à fluorescence X, qui mesure la teneur exacte en or sans abîmer la pièce. Cette vérification est indispensable avant une vente ou une estimation. Pour un achat, mieux vaut s’adresser à une enseigne de confiance : notre guide de la bijouterie suisse recense les critères pour choisir un vendeur sérieux, et notre dossier sur où acheter des bijoux en or de qualité liste les bons réflexes face à un vendeur.
Prochaine étape avant un achat : repérer le poinçon, lire le titre en millièmes, le convertir en caratage si besoin, puis demander la facture détaillée mentionnant le poids et le titre de l’or. Trois minutes de vérification qui sécurisent un achat de plusieurs centaines de francs.