Carat : définition pour l'or et le diamant

Le mot carat désigne deux mesures différentes. Pour un diamant, il indique un poids : 1 carat égale 0,20 gramme. Pour l’or, il indique une pureté : l’or 18 carats contient 18 parts d’or pur sur 24, soit 75 %. Aucun lien entre les deux. Confondre ces sens fait surévaluer un bijou.
Deux mots identiques, deux grandeurs sans rapport
Un vendeur annonce « or 18 carats, diamant 0,5 carat ». La même unité revient deux fois, mais elle ne mesure pas la même chose. Le premier carat parle du métal. Le second parle de la pierre. Comprendre cette dualité protège de l’erreur la plus courante à l’achat.
Pour le diamant, le carat est une masse. Selon le Bureau international des poids et mesures, le carat métrique a été fixé à exactement 0,20 gramme lors de la quatrième Conférence générale des poids et mesures, en 1907. Une pierre de 5 carats pèse donc 1 gramme. Le carat se divise en 100 points : un diamant de 0,50 carat fait 50 points, soit 100 milligrammes.
Pour l’or, le carat est une proportion. L’or pur représente 24 carats. Chaque carat correspond à 1/24 de la masse de l’alliage. Un bijou en or 18 carats mélange 18 parts d’or et 6 parts d’autres métaux, ce qui donne 75 % d’or, exprimé aussi par le titre 750 millièmes.
| Application | Ce que mesure le carat | Repère concret |
|---|---|---|
| Diamant et pierres | Un poids | 1 carat = 0,20 g |
| Or et métaux précieux | Une pureté | 18 carats = 75 % d’or |
Le carat du diamant : une histoire de poids
Le carat du diamant ne dit rien de sa taille visible. Il dit son poids. Deux pierres de 1 carat peuvent paraître différentes selon leur forme et la qualité de leur taille. Une pierre ronde bien proportionnée semble plus grande qu’une pierre mal taillée du même poids, car elle renvoie mieux la lumière vers le haut.
Le prix grimpe de façon non linéaire avec le poids. D’après le Gemological Institute of America, moins de 1 % des diamants extraits dépassent 1 carat, ce qui rend les gros poids rares. Résultat : un diamant de 2 carats peut coûter jusqu’à quatre fois le prix d’un 1 carat, à qualité égale. Le saut de prix se produit surtout aux poids ronds psychologiques, comme 0,90 vers 1,00 carat.
Cette logique de poids explique pourquoi le carat structure tout l’achat d’une pierre. Notre guide dédié au carat d’un diamant détaille l’effet du poids sur le prix et les arbitrages possibles. Pour relier ce poids à un diamètre réel et à un budget, le guide de la taille de diamant à choisir donne les correspondances millimètre par millimètre.
Un point souvent oublié : le carat se combine avec trois autres critères, la couleur, la pureté et la taille, les fameux 4C du GIA. Un diamant de 0,70 carat à la taille excellente vaut mieux qu’un 1 carat terne. Le poids seul ne suffit jamais à juger une pierre.
Le carat de l’or : une histoire de pureté
Côté métal, le carat raconte la composition. L’or pur, à 24 carats, atteint 99,9 % d’or. Trop tendre pour être porté, il se raye sous un simple ongle. Les bijoutiers l’allient donc à d’autres métaux pour le durcir, ce qui fait baisser le nombre de carats.
L’or 18 carats est le standard de la joaillerie en Suisse et en Europe. Sa teneur de 75 % d’or équilibre éclat, résistance et valeur. En dessous, l’or 14 carats (58,5 %) et l’or 9 carats (37,5 %) servent à des bijoux plus accessibles. Le choix entre ces titres dépend de l’usage du bijou, comme l’explique notre comparatif or 18 ou 24 carats.
Voici les correspondances entre carats, pourcentage d’or et titre légal :
- 24 carats : 99,9 % d’or, titre 999, réservé aux lingots et à l’investissement
- 18 carats : 75 % d’or, titre 750, le standard des alliances et colliers
- 14 carats : 58,5 % d’or, titre 585, fréquent sur le marché nord-américain
- 9 carats : 37,5 % d’or, titre 375, bijoux d’entrée de gamme
La pureté de l’or se lit aussi à sa couleur. Le mélange ajouté à l’or pur définit la teinte finale, jaune, blanche ou rose, sans changer le nombre de carats. Notre article sur la couleur de l’or jaune, blanc et rose détaille ces alliages.
L’origine commune : la graine de caroubier
Pourquoi un même mot pour deux mesures sans rapport ? La réponse tient dans une graine. Le terme carat vient du caroubier, un arbuste méditerranéen dont les graines présentent une masse remarquablement constante, autour de 0,2 gramme. Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, les marchands s’en servaient comme étalon pour peser l’or et les pierres précieuses sur leurs balances.
De cet usage unique, deux branches se sont séparées. Pour les pierres, la graine est restée une unité de poids, formalisée bien plus tard en carat métrique de 0,20 gramme. Pour l’or, les orfèvres ont gardé l’idée de proportion : ils comptaient en parts d’or sur un total de 24, le 24 renvoyant à un système de division ancien. Le mot a survécu dans les deux mondes, avec des sens devenus étrangers l’un à l’autre.
Cette racine commune explique aussi la proximité phonétique avec le terme « karat », utilisé pour l’or dans les pays anglophones. La graine de caroube a essaimé son nom dans plusieurs langues, en gardant toujours cette double vie de poids et de pureté. Connaître cette histoire aide à ne plus confondre : un même héritage, deux usages bien distincts.
En Suisse : le poinçon qui certifie le carat de l’or
En Suisse, le carat d’un bijou en or n’est pas qu’une mention commerciale. C’est une donnée légale, contrôlée. La loi fédérale sur le contrôle des métaux précieux impose un poinçonnage officiel sur les ouvrages en or vendus dans le pays.
Le poinçon officiel suisse est la tête de saint-bernard. Selon l’Administration fédérale des douanes, cette marque s’applique depuis le 1er août 1995 à tous les métaux précieux et à tous les titres légaux. Elle est fabriquée comme matrice au Bureau central du contrôle des métaux précieux à Berne. À côté, le titre en millièmes (750, 585, 375) confirme le nombre de carats.
Un bijou marqué 750 contient donc forcément 75 % d’or, soit 18 carats. La Suisse étant membre de la Convention sur le contrôle et le poinçonnement des ouvrages en métaux précieux, le poinçon commun facilite aussi l’export et la reconnaissance entre pays signataires. Pour un acheteur, ce système supprime le doute : le carat affiché est garanti par l’État.
Cette traçabilité a une conséquence pratique. Avant tout achat important, demander à voir le poinçon est le réflexe de base. Une bijouterie sérieuse, comme celles évoquées dans notre guide de la bijouterie suisse, présente les poinçons sans hésiter.
Les pièges de vocabulaire à éviter
La double définition du carat alimente plusieurs malentendus. Les repérer évite des décisions coûteuses.
Premier piège : croire qu’un grand nombre de carats signifie toujours « mieux ». Pour l’or, c’est faux. L’or 24 carats, plus pur, est aussi plus fragile et inadapté au port quotidien. Un collier en 18 carats dure mieux qu’un collier en 24 carats, qui se déformerait.
Deuxième piège : comparer le carat d’une pierre à celui du métal. Ils ne se cumulent pas et ne se comparent pas. Un bijou « or 18 carats serti d’un diamant 0,3 carat » associe une pureté de métal à un poids de pierre. Deux informations distinctes, pas une note globale.
Troisième piège : le karat anglo-saxon. Le symbole « K » ou « kt » désigne la pureté de l’or dans les pays anglophones, équivalent du carat suisse pour le métal. Sur les marchés internationaux, « 18K » veut dire 18 carats d’or, pas un poids. Le « ct » réservé aux pierres réduit le risque, mais l’étiquetage varie selon les vendeurs.
Dernier point : la valeur d’un bijou ne dépend jamais du seul carat. Pour l’or, le poids total du métal compte autant que sa pureté. Pour une pierre, la couleur et la taille pèsent autant que le poids. Le carat est un repère, pas un verdict. Pour acheter sereinement, croisez-le avec les autres critères et exigez les justificatifs, comme le rappelle notre guide pour acheter des bijoux en or de qualité.
Carat de l’or et carat du diamant face au prix
La double définition du carat agit aussi sur le prix, mais de deux façons opposées. Comprendre ces logiques évite les mauvaises surprises au moment de payer.
Pour l’or, le prix suit une règle simple et proportionnelle. Un bijou en or 18 carats contient 0,75 gramme d’or pur par gramme de métal. Sa valeur de base découle donc directement du cours de l’or au jour de l’achat, multiplié par ce coefficient de pureté et par le poids total. À cela s’ajoutent la main-d’oeuvre de l’atelier et la marge commerciale. Un or 24 carats vaut mécaniquement plus au gramme qu’un 18 carats, puisqu’il contient plus d’or, mais il sert rarement à la bijouterie portée.
Pour le diamant, la relation est tout sauf linéaire. Le prix grimpe par paliers, avec des sauts brutaux aux poids ronds. Un diamant qui passe de 0,99 à 1,00 carat peut bondir de prix sans gain visuel notable, simplement parce que le seuil psychologique du carat rond est franchi. Acheter juste en dessous d’un palier, à 0,90 ou 0,95 carat, offre souvent un bien meilleur rapport taille-prix.
Voici comment les deux logiques s’opposent :
- Or : prix proportionnel au poids et à la pureté, prévisible au gramme
- Diamant : prix en paliers, rareté croissante, sauts aux poids ronds
Cette différence a une conséquence pratique pour un bijou combinant les deux, comme une bague sertie. Le coût se décompose entre la valeur du métal, calculée au carat-pureté, et celle de la pierre, calculée au carat-poids. Demander cette décomposition au vendeur révèle ce qui pèse vraiment dans le prix final. Pour estimer la part de la pierre selon le budget, notre guide de la taille de diamant à choisir donne des repères concrets.
Retenir l’essentiel sur le carat
Un seul mot, deux mesures. Le carat du diamant pèse la pierre : 0,20 gramme par carat. Le carat de l’or titre le métal : 18 carats valent 75 % d’or. Prochaine étape avant un achat : repérer si l’étiquette parle de la pierre ou du métal, puis vérifier le poinçon suisse qui certifie la pureté annoncée.